Jeanne Cherhal - Histoire de J.

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Jeanne Cherhal - Histoire de J.

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album J.
. . . . . . . . . .
J’ai faim quand je te regarde
je pourrais dévorer ton visage
ta nuque et ton cou
comme un amoureux jaloux
attends-tu ça de moi?

j’ai faim quand je te regarde
si tu pouvais m’offrir à ton âge
un coeur éclaté
un jardin de pluie d'été
moi j’attends ça de toi

j’ai faim je voudrais courir
sur le bitume accroché de clous
la falaise de sel au mois doux
le parvis des églises et des temples

j’ai faim je voudrais mourir
dans un éclat de rire à midi
dans un fracas de verre à minuit
ma caresse arrêtée sur ta tempe

j’ai faim dans mon vieux pays
si je pouvais trouver le courage
de nager jusqu’au sexe de la terre
j’ai faim le jour et la nuit
je ne veux plus dormir davantage
parle-moi des semaines des heures entières

j’ai faim je voudrais courir
sur le bitume accroché de clous
la falaise de sel au mois doux
le parvis des églises et des temples

j’ai faim je voudrais mourir
dans un éclat de rire à minuit
dans un fracas de verre à midi
ma caresse arrêtée sur ta tempe

j’ai faim de lait de riz blanc
de verbe féminin de musique
de dents sur mon cou
j’ai faim d'un amoureux fou
tu sais j'ai faim souvent

j’ai faim de mots étouffants
de perles d'eau de forêts antiques
de cri de naissance
et de bruit dans le silence
tu sais j’ai faim de tout
Même si tu ne dis rien
quand on ferme les yeux
si tu ôtes ta main
de mes cheveux
si tu ne m’écris pas
quand je te manque quelques heures
si tu ris quand je crois
toucher ton coeur

même si tu es épris
de grande liberté
toi qui n’as pas appris
à la dompter
si tu ne m’appelles pas
quand il n’y a pas de raison
si tu ne rentres pas
à la maison

je te cours le souffle court
dans les étages de la tour
je te cours et toi tu m’échappes encore
je te cours comme un damné
sur des rifs abandonnés
je te cours et toi tu m’échappes encore

même si tu n’es pas homme
à aimer les promesses
et les ruines-de-Rome
à la grand-messe
si tu ne me jures pas
qu’on finira nos vies ensemble
si tu doutes parfois
qu’on se ressemble

même si tu ne dis rien
quand on ferme les yeux
si tu ôtes ta main
de mes cheveux
si tu ne m’écris pas
quand je te manque quelques heures
si tu ris quand je crois
toucher ton coeur

je te cours le souffle court
dans les étages de la tour
je te cours et toi tu m’échappes encore
je te cours comme un damné
sur des riffs abandonnés
je te cours et toi tu m’échappes encore
je te cours pour le plaisir
pour faire durer le désir
pour que dans mille ans tu m’échappes encore

je te cours après dans la cour
je te cours mais tu m’échappes toujours
je te cours pour le plaisir
pour faire durer le désir
pour que dans mille ans tu m’échappes encore
Coupure de journal épinglée au mur
et petit album photo
c’est tout ce qu'il reste de Noxolo

joli crâne lisse et pantalon d’homme
le front collé au carreau
elle n’avait peur de rien Noxolo

elle dormait comme les pierres avant le lever du jour
un peu à l’est de Johannesburg

elle aimait couvrir ses pieds de poussière
elle aimait cracher dans l'eau
elle buvait bien la bière
comme un frère
Noxolo

elle faisait sa prière avant le lever du jour
un peu à l’est de Johannesburg
elle aimait aussi la douceur de la nuit
et la bouche heureuse de son amoureuse
sous leur toit de tôle épaule contre épaule
ô comme elles étaient bien ainsi
sans faire de tort sans faire de bruit
mais simplement dans le même lit

ils l’ont attendue au bord de la route
murés dans la haine, sans mots
elle n’a rien vu venir Noxolo

sous la lune orange les tessons de verre
sont devenus des couteaux
puis ils l’ont laissée là Noxolo

on l’a trouvée hier avant le lever du jour
un peu à l’est de Johannesburg
Il était une fois
une fois ou mille
un homme comme toi
un homme tranquille

qui dans un désir
violent et soudain
voulut parvenir
trop vite à ses fins

avec la finesse
qu’ont parfois les bêtes
face à la princesse
il se dit « suis-je bête

entre hauts et bas
souvent femme varie
si elle se débat
c'est pour mieux dire oui »
mais quand c’est non c’est non
quand c’est non dommage
range ton crayon
ta plume sauvage
quand c’est non c’est non
quand c’est non mon vieux
range ton bâton
et place aux adieux

quand c’est non c’est non
quand c’est non dégage
range ton crayon
ta plume sauvage
quand c’est non c’est non
quand c’est non mon vieux
range ton bâton
et place aux adieux
quand c’est non c’est non
quand c’est non mon vieux
range ton bâton
et passe aux aveux
Comme un rocher qui dure sous les gifles du sel
comme un arbre solide sous les trombes d'eau
comme un fruit qui mûrit après des nuits de gel
une plaine asséchée qui retrouve de l'eau

comme un acte d'amour pour les enfants qui restent
comme un sursaut de rage de vivre malgré tout
comme une force vive dans les plus petits gestes
une promesse tenue une promesse de fou

sont venus les désastres : tu es restée debout
sont venues les tristesses : tu es restée debout
tu es sans doute un peu plus vivante que nous
femme debout

face à la peur qui rôde aux soirs de solitude
la douleur qui un jour s'est glissée à ton cou
le chagrin qui revient comme une vieille habitude
et les bras qui se sont refermés d'un seul coup

sont venus les désastres : tu es restée debout
sont venues les tristesses : tu es restée debout
tu es sans doute un peu plus vivante que nous
femme debout
Il était une fois
une fois ou mille
un homme comme toi
un homme tranquille

qui dans un désir
violent et soudain
voulut parvenir
trop vite à ses fins

avec la finesse
qu’ont parfois les bêtes
face à la princesse
il se dit « suis-je bête

entre hauts et bas
souvent femme varie
si elle se débat
c'est pour mieux dire oui »
mais quand c’est non c’est non
quand c’est non dommage
range ton crayon
ta plume sauvage
quand c’est non c’est non
quand c’est non mon vieux
range ton bâton
et place aux adieux

quand c’est non c’est non
quand c’est non dégage
range ton crayon
ta plume sauvage
quand c’est non c’est non
quand c’est non mon vieux
range ton bâton
et place aux adieux
quand c’est non c’est non
quand c’est non mon vieux
range ton bâton
et passe aux aveux
Je n’attendais rien je n’attendais personne
je posais mes mains au hasard des personnes
la peau facile et le coeur à la traîne
des indociles ah, j’étais la reine

je n’attendais rien je n’attendais personne
pendant les va-et-vient je comptais les klaxons
un jour un soir il a brisé ma glace
sans le savoir il a trouvé sa place

bingo
qui aurait pu dire qu’on volerait aussi haut
qui aurait pu l’écrire
j’ai pas les clefs pour la vie
mais je vais m’ouvrir avec lui

je n’attendais rien je n’attendais personne
tous les parisiens me semblaient monotones
avec son flair et sa forêt sauvage
il avait l’air de venir d'un autre âge
je n’attendais rien je n’attendais personne
j’ai plongé dans le bain où vont boire les lionnes
et comme des fauves au coucher du soleil
on a fui le sommeil

bingo
qui aurait pu dire qu’on volerait aussi haut
qui aurait pu l’écrire
j’ai pas les clefs pour la vie
mais je vais m’ouvrir avec lui
bingo
qui aurait pu dire qu’on volerait aussi haut
qui aurait pu l’écrire
j’ai pas les clefs pour la vie
mais je vais m’enfuir avec lui
J’ai dans la bouche comme un goût de venin
comme un goût de mauvais mauvais vin
j’ai dans la bouche comme un souffle coupé
comme un souffle à-demi étouffé
et je reste toute seule à regarder dehors
à compter recompter mes trésors
tous les mots que je n’ai pas su dire encore

j’ai dans la bouche comme un goût de trop peu
comme un goût de Quand on veut on peut
j’ai dans la bouche comme un souffle perdu
comme un souffle à-demi retenu
et je reste toute seule à regarder mes pieds
à ranger déranger des papiers
à médire à maudire à écrire à copier recopier

j’ai dans la bouche comme un goût de nulle part
comme un goût de Si je veux je pars
j’ai dans la bouche comme un goût d'absolu
comme un goût que j’ai toujours voulu
et je reste toute seule à regarder le feu
à couper recouper mes cheveux
à pâlir dans mon lit
à sourire pour un oui
à courir sous la pluie
mais quand je m’égare quelques jours
loin de ces gares et de ces tours
de la ville qui résonne
mes pas me ramènent malgré moi
dans un domaine au coin du bois
un village qui frissonne

j’ai dans la bouche comme un goût de mystère
comme un goût salé du Finistère
j’ai dans la bouche comme un goût minéral
comme un goût de soleil et de Graal
et je reste toute seule à regarder la mer
à marcher dans les chemins de terre
à aimer être là au bout de la Terre
Le temps passé tu sais
a fait ce qu’il fallait
je pense à toi tranquille, parfait

le temps passé bien sûr
a calmé la blessure
la peine qui dure

et je le sens
je déborde bien de sentiments
de projets de joie de cris de chants
pourtant tu me manques encore

mon chagrin s’est fait doux
je porte autour du cou
ton souvenir comme un bijou

mon chagrin s’est fait rare
il revient certains soirs
sans faire d'histoires

et je le sens
je suis traversée de sentiments
d’amour et d’amis d’un tas de gens
pourtant tu me manques encore
quand j’entends par hasard
Petite Fleur ou le Loir-et-Cher

quand le dimanche soir
me revient l’angoisse première

quand ma tête est bizarre
quand soudain je compte les jours

tu me manques toujours

mais les années tu sais
ont fait ce qu’il fallait
je pense à toi tranquille, parfait

mais les années sans toi
sont passées malgré moi
vite sous mes doigts

et je le sens
je suis étourdie de sentiments
lorsque je me dis tout doucement
combien tu me manques encore
Viens par ici cheval fumant
dans le giron de maman
je t’attendais du bout des lèvres
allongée sur ma peau de chèvre

approche un peu cheval docile
approche voir ce beau missile
il fait si chaud dans mon varech
que je pourrais te cuire le steak

viens fouiller le buisson joli
viens lustrer les galets polis
viens goûter la figue à la crème
que je te gardais pour Carême

viens par ici cheval fumant
viens dans le giron de maman
à la lumière de mon tison
tu as des airs de grand bison

approche un peu cheval puissant
prends le chemin le plus glissant
ton gouvernail est le dessert
dont rêvent toutes les femmes corsaires

entends-tu la clameur qui gronde
entends-tu le désir du monde
qui te supplie d’entrer, vainqueur
et de monter jusqu'à mon coeur

viens par ici cheval fumant
viens dans le giron de maman
reprends ton souffle avec douceur
je serai ton enfant ta soeur

approche un peu cheval sensible
perlé de sueur comestible
muscles tendus jusqu’au garrot
force abandonnée au barreau

ton murmure est comme une prière
pour que durent nos amours de chair
pour que toujours si je le veux
tu restes mon cheval de feu
Je voudrais te parler ce soir
toucher ta peau sentir ton cou
sans te connaître et sans te voir
c'est un peu bizarre je l'avoue
te regarder dans tes grands yeux
deviner tout ce qu'ils contiennent
tenir comme les doigts de dieu
ta main plus douce que la mienne

mon amour mon amour
si tu savais comme je t'attends
à la nuit pâle au petit jour
je pense à toi tout le temps

j'ai connu les jours dérisoires
et les longues nuits sans sommeil
les amours tièdes et provisoires
on est tous un peu faits pareil
il a fallu que je le trouve
celui qui de toi serait digne
celui qui m'a changée en louve
celui qui déjà te fait signe
mon amour mon amour
si tu savais comme je t'attends
à la nuit folle au petit jour
je pense à toi tout le temps

j'irai courir les coquillages
j'irai mélanger les couleurs
j'irai nourrir les oies sauvages
j'irai confondre tes douleurs
je serai forte comme un arbre
et douce comme le vent qui dort
j'écrirai ton nom sur le sable
mais je ne le connais pas encore

mon amour mon amour
si tu savais comme je t'attends
à la nuit tendre au petit jour
je pense à toi tout le temps
Je suis pénible et fatigante
jamais à l'heure jamais contente
je suis plouc aussi un peu
très indiscrète quand je peux
je suis trouillarde et malhabile
pas débrouillarde dans la ville
je suis gauche des deux mains
je serai fauchée dès demain

et encore le pire est à venir

je suis la cible de ma flèche
sur ma poitrine l'encre qui sèche
j'ai la mémoire d'un poisson-lyre
et le courage qui chavire
je dis du mal pendant des heures
j'ai gâché la vie de ma soeur
je suis une lame ambigüe
je veux tout le temps chanter aigu

je ne réponds pas au téléphone
je fouille je griffonne
je casse je salis tout
je ne parle pas beaucoup

et malgré tout ça tu es toujours là
redis-moi pourquoi tu ne t'enfuis pas
je suis l'angoisse du réveil
je suis l'insomnie de la veille
j'ai peur assez souvent
je n'aime pas trop monter devant
je me fais toujours envahir
je peux juger je peux haïr
je me souviens de l'inutile
je ne me sens jamais tranquille

et encore le pire est à venir

j'ai toujours mal à un endroit
quoiqu'il arrive j'ai toujours froid
je laisse pourrir la nourriture
et puis j'ai cassé deux voitures
j'ai peur quand on parle de moi
j'ai peur quand on n'en parle pas
je ris je pleure sans transition
accorde-moi ton attention

je ne réponds pas au téléphone
je fouille je griffonne
je casse je salis tout
je ne parle pas beaucoup

et malgré tout ça tu es toujours là
redis-moi pourquoi tu ne t'enfuis pas
Je n’attendais rien je n’attendais personne
je posais mes mains au hasard des personnes
la peau facile et le coeur à la traîne
des indociles ah, j’étais la reine

je n’attendais rien je n’attendais personne
pendant les va-et-vient je comptais les klaxons
un jour un soir il a brisé ma glace
sans le savoir il a trouvé sa place

bingo
qui aurait pu dire qu’on volerait aussi haut
qui aurait pu l’écrire
j’ai pas les clefs pour la vie
mais je vais m’ouvrir avec lui

je n’attendais rien je n’attendais personne
tous les parisiens me semblaient monotones
avec son flair et sa forêt sauvage
il avait l’air de venir d'un autre âge
je n’attendais rien je n’attendais personne
j’ai plongé dans le bain où vont boire les lionnes
et comme des fauves au coucher du soleil
on a fui le sommeil

bingo
qui aurait pu dire qu’on volerait aussi haut
qui aurait pu l’écrire
j’ai pas les clefs pour la vie
mais je vais m’ouvrir avec lui

bingo
qui aurait pu dire qu’on volerait aussi haut
qui aurait pu l’écrire
j’ai pas les clefs pour la vie
mais je vais m’enfuir avec lui

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©Frank Loriou

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